Bienfaits potentiels de l’activité physique en cas d’apnées du sommeil
L’activité physique semble être peu prônée chez les patients atteints d’un syndrome d’apnées du sommeil (SAS), alors que les bénéfices potentiels pourraient être notoires si l’on prend en compte le contexte clinique et métabolique, par exemple la coexistence fréquente d’une obésité.
Une étude contrôlée monocentrique menée sur une durée de 12 semaines a inclus 43 patients adultes sédentaires (âgés de 18 à 55 ans) atteints d’un SAS modéré ou sévère, mais dans tous les cas non traités. Il existait une surcharge pondérale ou une obésité et la sévérité du SAS était attestée par un index d’apnées et d’hypopnées (IAH) ≥ 15.
Il s’agit d’un essai randomisé sur groupes parallèles constitués par tirage au sort : (groupe1, n=27) entraînement physique régulier (4 fois/semaine), activité aérobie modérée ou intense au moins 150 mn/semaine et exercice contre-résistance (2 fois/semaine) ; (groupe 2, n=16) : exercices d’étirement d’un niveau faible, visant à entretenir la souplesse.
La sévérité du SAS a été évaluée à partir d’un enregistrement polysomnographique avant et 12 semaines après la mise en route des protocoles. La qualité du sommeil a été également estimée au moyen d’une «actigraphie» d’une durée de 7 à 10 jours, mais aussi du Pittsburgh Sleep Quality Index. Dans le groupe 1, au bout de 12 semaines, une diminution significative de l’IAH a été mise en évidence, soit de 32,2 ± 5,6 à 24,6 ± 4,4 versus groupe 2 : 24,4 ± 5,6 à 28,9 ± 6,4; p < 0,01). Il en a été de même pour les variations quotidiennes de l’index de désaturation en oxygène (p=0,03) mais aussi de la qualité du sommeil (p=0,03). Il n’y a eu aucun impact significatif sur le poids corporel.
Cette étude randomisée incite à recommander une activité physique régulière (modérée ou intense) chez les patients atteints d’un SAS sévère, a fortiori quand il existe une obésité ou une surcharge pondérale. Certes, il n’y a pas d’incidence sur le poids, mais la qualité du sommeil et la sévérité du SAS n’en sont pas moins améliorées, ce qui n’est pas négligeable.
[Source : Dr Philippe Tellier dans Jim.fr du 14-12-11]
Kline CE et coll. : The effect of exercise training on obstructive sleep apnea and sleep quality: a randomized controlled trial. Sleep. 2011; 34: 1631-40.