Dépistage et traitements

Comment savoir si l’on est atteint du syndrome de l’apnée du sommeil ?

Le syndrome d’apnée du sommeil reçoit de plus en plus d’attention de la part de la communauté médicale. Pourtant son diagnostic au quotidien relève du véritable casse-tête. Très souvent sa mise en évidence est liée à un accident du travail ou de la circulation.

1ère alerte

Parmi les éléments de l´interrogatoire et de l´examen clinique, le ronflement, les apnées décrites par l´entourage, lasomnolence diurne, l´obésité, le sexe masculin et l´hypertension artérielle systémique (HTA) sont évocateurs d´un SAOS.

Diagnostic par polysomnographie

Néanmoins, le diagnostic final repose systématiquement sur un enregistrement nocturne.
La polysomnographie réalisé en laboratoire de sommeil est l´examen de référence pour le diagnostic du SAOS. Elle permet d´obtenir une information complète sur l´évolution des états de vigilance et la qualité du sommeil du sujet enregistré ainsi que sur la qualité de sa respiration.

Les spécialistes s’accordent sur le fait qu’il est inutile d’enregistrer les signaux neurophysiologiques de façon systématique en première intention devant une symptomatologie typique. Une polygraphie limitée aux seuls signaux cardio-respiratoires, dite polygraphie ventilatoire (PV), sera amplement suffisante et techniquement beaucoup plus simple à mettre en œuvre.

Techniquement, la polysomnographie permet l’enregistrement simultané des tracés de l’activité cérébrale (électroencéphalogramme), des muscles oculomoteurs (électro-oculogramme) pour déceler la phase dite « paradoxale » du sommeil, des muscle de la houppe du menton (électromyogramme), ainsi que du flux aérien naso-buccal et des mouvements thoraciques et abdominaux.

L´enregistrement de signaux respiratoires a pour objectif la reconnaissance des événements respiratoires anormaux (ERA), apnées, hypopnées, épisodes de limitation excessive du débit inspiratoire, et la définition de leur caractère obstructif ou central.

Le traitement par PPC

Le traitement des apnées du sommeil repose dans la plupart des cas sur la mise en place d’un dispositif médical à pression positive continue (PPC ou CPAP). Cet appareillage est inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) au titre d’un forfait de location hebdomadaire.

La prise en charge est assurée après entente préalable remplie par le médecin traitant lors de la première prescription pour une période probatoire de 5 mois, puis une fois par an lors des renouvellements.

Cette prise en charge est assurée pour des patients présentant une somnolence diurne et au moins trois des symptômes suivants : ronflements, céphalées matinales, vigilance réduite, troubles de la libido, hypertension artérielle (HTA), nycturie. Ces symptômes doivent être associés à un indice d’apnées (A) plus hypopnées (H) par heure de sommeil (A+H) supérieur ou égal à 30, révélés par l’analyse polygraphique. Si cet indice est inférieur à 30, il faut au moins 10 microéveils par heure de sommeil, en rapport avec une augmentation de l’effort respiratoire, documentés par l’analyse polysomnographique.

Le diagnostic confirmé, le médecin prescripteur va proposer un traitement basé sur un appareillage à pression positive continue.

Deux nouveaux acteurs vont alors faire irruption dans la vie du patient :

  • L’appareil de pression positive continue et son lot de contraintes
  • Le prestataire de services médico-techniques. Vous trouverez sur ce site la liste des prestataires qui ont signé la Charte du patient suivi à dommicile de la FFAAIR

Savoir accepter l’appareillage à PPC

La réussite du traitement passe par l’acceptation par le patient lui-même, mais aussi par son entourage de cet appareillage. Dans cette phase d’apprentissage ou plutôt d’éducation, le rôle du prestataire de services médico-techniques est capital.

  • C’est lui qui va veiller à la bonne adaptation du masque, et du harnais, et en faire tester plusieurs si nécessaire
  • C’est lui qui va apprendre au patient et à son entourage à se familiariser et à vivre avec l’appareil
  • C’est lui qui va dispenser les règles d’hygiène et de sécurité
  • C’est à lui que le patient ou son entourage fera appel en cas de nécessité
  • C’est lui qui sera l’interface, entre le patient et le prescripteur si des difficultés d’adaptation liées au niveau de pression apparaissent.

L’importance du suivi du traitement

Pendant cette première phase d’éducation, le prestataire sera très présent, afin d’expliquer les attendus du traitement,, d’apporter, après avis du prescripteur, les adaptations nécessaire, de motiver parfois à la poursuite du traitement, en un mot d’accompagner le patient et son entourage pour une réussite optimale du traitement mis en place.

Ensuite , lorsque cette phase sera terminée, le prestataire aura à cœur d’honorer le cahier des charges lié à la mise en place de ce dispositif médical en passant au minimum deux fois par an pour effectuer un relevé d’observance et effectuer les opérations de maintenance préventive nécessaire. C’est à l’occasion de ces passages qu’il effectuera le renouvellement du masque et du circuit patient. Bien entendu, étant toujours à l’écoute du patient, il saura augmenter la fréquence de ses passages en cas de nécessité. Enfin, Il devra rendre compte de ces actions auprès du médecin prescripteur et également assurer une astreinte de service, 24H x24 et 7 jours sur 7.

L’orthèse d’avancée mandibulaire : une alternative à la PPC

L’orthèse d’avancée mandibulaire est un dispositif médical qui se place dans la bouche et qui ne peut qu’être réalisé sur mesure d’après vos empreintes dentaires. Elle permet de maintenir la mâchoire inférieure en position légèrement avancée pendant le sommeil, ce qui libère le passage de l’air au niveau du pharynx et diminue le phénomène d’obstruction qui génère les apnées dites obstructives.

Mécanisme d’action de l’orthèse

Dans quels cas l’orthèse constitue-t-elle un traitement possible ?

Elle est reconnue pas la Haute Autorité de Santé (HAS) comme un traitement efficace du syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS), dans des cas précis. Il faut noter que la recommandation de la HAS ne concerne que les orthèses sur mesure. Les orthèses universelles – vendues en pharmacie ou par correspondance ne sont pas recommandées, car elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité dans le traitement de l’apnée du sommeil.

L’orthèse peut ainsi être prescrite en traitement de « première intention » pour les apnéiques légers et modérés qui ne présentant pas de risques cardio-vasculaires majeurs, ni de somnolence diurne excessive. Elle reste un traitement de deuxième intention – mais sous certaines conditions – en cas d’échec ou de refus de la ventilation par PPC pour les apnéiques sévères. Enfin, elle peut aussi être prescrite conjointement à cette ventilation par VPPC dans le cadre de déplacements fréquents.

Comment se faire équiper d’une orthèse ?

La 1ère étape est bien de confirmer l’apnée du sommeil et de faire à cet effet un enregistrement du sommeil. Dans la plupart des cas, une polygraphie ventilatoire à domicile est effectuée. Dans certains cas, on réalise une polysomnographie nocturne à l’hôpital. Sur la base de cet enregistrement, le pneumologue confirme ou infirme le syndrome d’apnée du sommeil et le cas échéant peut prescrire une orthèse sur mesure. Il faudra alors prendre rendez-vous avec un spécialiste dentaire formé à cette technique qui prendra en charge le patient pour la réalisation d’une orthèse. Il faut compter en moyenne trois rendez-vous, à 10 – 15 jours d’intervalle, pour une bonne prise en charge. Entre la prescription et l’usage de l’appareil, ajustement compris, il peut s’écouler entre 3 et 6 mois. Car une fois que le dentiste a bien réglé l’orthèse, un rendez-vous doit être repris chez un spécialiste du sommeil pour vérifier l’efficacité de celle-ci. Il faudra ajuster la propulsion par rapport à la symptomatique (fatigue, ronflements), s’assurer de la bonne tolérance de l’appareil et enfin vérifier son innocuité dentaire et articulaire. Par la suite, un rendez-vous par an, auprès de votre dentiste, est préconisé pour le suivi.

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