Dormir une nuit à l’hôpital pour détecter une apnée du sommeil

Chaque année, plus de 600 personnes atteintes d’apnée du sommeil se font dépister à l’hôpital après une nuit sur place. Afin de raccourcir les longs délais d’attente (six mois), l’établissement va se doter d’un nouveau polysomnographe. Il propose ce vendredi, journée du sommeil, des mini-consultations.

Pour ceux qui dorment bien, qu’ils ne changent rien. Pour ceux qui dorment mal, la journée du sommeil, qui se tient ce vendredi 17 mars, pourrait changer leur vie… et celle de la personne avec laquelle ils partagent leur lit ! «  Bien souvent, c’est le conjoint qui avertit la personne atteinte d’apnée du sommeil qu’il y a un souci, explique le Dr Fabienne Salez (Photo) pneumologue. Elle entend des ronflements intenses, suivis d’un arrêt de la respiration qui peut être de dix, vingt, trente, quarante secondes, ou plus.  »

La personne atteinte, elle, ne se rend compte de rien. «  Il n’y a pas de signes discriminants, souligne la professionnelle de santé. Elle va ressentir une somnolence diurne excessive, s’endormir par exemple dans le fauteuil devant la télé, ou bien ne pas être en forme, avoir l’impression de ne pas avoir bien dormi.  » Souvent, les « apnéistes » du sommeil – 4 à 8 % de la population tout de même – vont aussi présenter une tension artérielle mal équilibrée, des troubles cardiaques ou de la sexualité. Le surpoids est un facteur favorisant. Seule manière de diagnostiquer le problème : dormir une nuit à l’hôpital, avec dix à quinze capteurs sur le corps.

Deuxième nuit

«  Quatre à cinq personnes dorment à l’hôpital chaque nuit pour effectuer ces examens, précise le Dr Salez. Le patient arrive dans l’après-midi, est équipé de capteurs, et passe la nuit ici.  » Grâce à un appareil nommé polysomnographe – l’hôpital dispose aussi d’un polygraphe –, les médecins vont pouvoir étudier le sommeil du patient, enregistré par tranche de trente secondes. Le lendemain, un médecin et deux techniciens du sommeil vont analyser minutieusement les résultats sur ordinateur. «  On traite de manière systématique les personnes qui présentent trente apnées par heure de sommeil, détaille la praticienne. Mais on peut traiter quand il y en a moins, s’il y a un retentissement sur le sommeil du patient. »

La suite ? Le patient, très souvent, enchaîne une seconde nuit à l’hôpital pour tester l’appareil prescrit. «  Nous sommes l’un des seuls centres à proposer cet accompagnement  », se réjouit la pneumologue. L’idée est simple : maintenir le larynx ouvert grâce à une machine qui souffle de l’air. Le patient est revu au bout de trois mois, puis d’un an. Un patient qui, aujourd’hui, doit attendre en moyenne six mois avant de pouvoir passer l’examen. Pour réduire ces délais, l’hôpital de Roubaix va se doter d’un cinquième polysomnographe. Un investissement de 100 000 euros qui devrait permettre d’enregistrer le sommeil de six patients chaque nuit.

Trois conseils pour bien dormir

Le Dr Salez le dit sans détours : «  L’apnée du sommeil ne se guérit pas.. » En revanche, pour tous ceux qui dorment mal sans connaître d’apnée, il est possible de mieux dormir en observant quelques conseils...

- « Respecter le sommeil ». «  Il faut arrêter de croire que le sommeil ne sert à rien, répète la pneumologue. En un siècle, on a perdu une heure de sommeil, mais dormir est nécessaire pour le corps et le cerveau.  » Dormir favorise ainsi une bonne mémorisation.

- « Éviter les écrans ». Tablettes ou mobiles, fuyez-les à l’heure du coucher ! «  La lumière bleue émise par ces appareils va être identifiée comme la lumière du jour, précise le Dr Salez. Dans ce contexte, le corps ne peut pas comprendre qu’il faut dormir une fois la tablette posée et la lumière éteinte.  »

- « Se coucher à des heures régulières ». «  Il est compliqué pour l’horloge interne de s’adapter à des horaires irréguliers  », insiste le médecin. L’idéal ? Apprendre à se connaître, et accepter d’être un petit (qui peut se contenter de 5 heures de sommeil), moyen ou gros dormeur (jusqu’à 10 heures !). La moyenne des besoins tourne autour de 7 heures et demie sommeil chaque nuit.

[Source : Nordéclair, Perrine Diéval |16/03/2017]

Haut